Ressources
art river amsterdam

Essor et déclin du marché du diamant à Amsterdam

De nos jours, lorsque vous songez à l’achat d’un diamant, vous pensez peut-être à Anvers. Mais saviez-vous que la capitale mondiale du diamant était autrefois Amsterdam ? Pendant plus de 300 ans, la capitale néerlandaise a été la patrie de maîtres et négociants en diamants renommés. Ces maîtres diamantaires étaient pour la plupart des Juifs séfarades qui avaient fui l’Inquisition et étaient venus à Amsterdam. Les Pays-Bas sont l’un des endroits les plus tolérants sur le plan religieux en Europe depuis le Moyen Âge. Ainsi, il est devenu un refuge pour les Juifs qui fuyaient la persécution. À leur tour, ils ont aidé le commerce du diamant à prospérer, faisant d’Amsterdam une ville riche et puissante. La capitale néerlandaise a été « la ville des diamants » pendant plus de 300 ans jusqu’à ce que le titre passe à Anvers en Belgique.

Dans cet article, vous trouverez :

  • Origines du commerce du diamant à Amsterdam
  • Gemmes célèbres de « la ville des diamants »
  • Le déclin d’Amsterdam dans le commerce du diamant
  • Le marché international du diamant aujourd’hui

Origines du commerce du diamant à Amsterdam

La longue route vers Amsterdam

Lorsque l’on évoque l’histoire d’Amsterdam en tant que ville du diamant, on ne peut ignorer l’influence déterminante de sa communauté juive. Leur histoire remonte à l’Espagne et au Portugal au XVIe siècle, où ils étaient déjà orfèvres et négociants en diamants renommés. L’Inquisition dans la péninsule ibérique les obligea à choisir entre l’expulsion ou la conversion. La majorité des Juifs séfarades trouvèrent refuge à Anvers et à Amsterdam et ont apporté avec eux leur expertise et leurs relations dans le commerce des pierres précieuses.

Les deux villes ont permis aux communautés juives séfarades de pratiquer librement leur religion. Ils n’étaient pas autorisés à posséder des terres et à entrer dans les guildes de nombreux métiers et professions. Ils ne pouvaient exercer que les « professions libres », dont le négoce. Il convient de mentionner que leur savoir-faire et leur expertise sont souvent reconnus comme ayant apporté renommée et prospérité aux deux cités pour les siècles suivants.

Des navires du monde entier arrivaient dans les ports d’Anvers, ce qui en faisait à l’époque le centre commercial le plus puissant d’Europe. Dans les années 1500, environ 40 % du commerce mondial transitait par les ports d’Anvers. De plus, la taille de pierres précieuses était très rare en Europe à cette époque, ce qui rendit Anvers encore plus célèbre. Cependant, cet âge d’or de la finance et de la richesse a également entraîné des troubles politiques. Le point culminant de la violence est devenu connu sous le nom de fureur espagnole qui s’est produite dans tous les Pays-Bas. À Anvers, au cours du mois de novembre 1576, environ un millier de bâtiments furent incendiés et 17 000 hommes, femmes et enfants assassinés.

Cet événement fut probablement la raison pour laquelle la majorité des maîtres diamantaires s’établirent à Amsterdam. Cette relocalisation de la main-d’œuvre spécialisée a finalement fait de la ville le plus important centre de commerce de diamants d’Europe. Un tiers de la communauté juive était impliqué dans le commerce du diamant, qui constituait une grande partie de l’économie de la ville. L’ancien quartier juif se trouve encore aujourd’hui au cœur d’Amsterdam, juste à côté de la rivière Amstel. Le quartier est entouré de canaux de tous côtés – Nieuwe Herengracht, Oudeschans et l’Oosterdok.

Willem Vermaet – le premier négociant en diamants documenté à Amsterdam

Il subsiste peu de documents sur le négoce du diamant à Amsterdam avant le 15 novembre 1586. À cette date, Willem Vermaet, un diamantaire, a été inscrit dans les registres des mariages de la ville avec le titre de « diamantaire ». Vermaet était l’un des citoyens d’Anvers, qui ont fui la fureur espagnole en 1585. C’était un négociant en diamants qui a continué son métier à Amsterdam. Ce fut le premier document attestant la place d’Amsterdam dans l’histoire en tant que centre du négoce diamantaire.

Gemmes célèbres d’Amsterdam, « la ville des diamants »

Pendant le règne d’Amsterdam en tant que «ville des diamants», son industrie diamantaire a produit et négocié certaines des pierres les plus célèbres de l’histoire du commerce du diamant. Nous avons sélectionné quatre des diamants les plus remarquables ayant été négociés à Amsterdam.

Le diamant Orlov et Catherine la Grande (189,62 carats)

L’Orlov, du nom du comte Grigori Orlov, a une histoire intéressante. La légende raconte que la pierre était l’œil d’une statue de temple à Madras – un ancien État indien. Un soldat français l’aurait volé au milieu du XVIIIe siècle. Le diamant a voyagé à travers le monde et a finalement trouvé son chemin vers Amsterdam en 1767. Il fut décrit comme « de la taille d’un petit œuf de poule naine ».

De nombreux spécialistes estiment que le diamant Orlov pourrait être le célèbre diamant du Grand Moghol. Une fois aux Pays-Bas, le diamant a été acheté par le comte Orlov dont la pierre tire son nom. Le comte l’a acheté en témoignage de son admiration pour l’impératrice de Russie Catherine II (Catherine la Grande). Il espérait qu’elle répondrait à ses sentiments.

L’impératrice a accepté le cadeau mais pas le comte Orlov. Elle fit sertir le diamant dans le sceptre impérial où il demeure à ce jour. Il est actuellement exposé à l’armurerie du Kremlin de Moscou au sein de la collection du Fonds des diamants.

Le Koh-I-Noor et la famille royale britannique (105,6 carats)

Le Koh-I-Noor est l’un des diamants les plus célèbres au monde. Avec un poids de 105,6 carats, c’est l’un des plus gros diamants taillés qui existent. Lorsqu’il est apparu pour la première fois en 1851 à la Grande Exposition de Londres, sa taille n’impressionna guère les visiteurs. Le prince Albert (le mari de la reine Victoria) l’a acheté. Il l’envoya ensuite à Coster Diamonds à Amsterdam pour y être retaillé en taille ovale brillant. La reine Victoria a porté le diamant jusqu’à sa mort.

Il a été transmis à ses descendantes. Fait intéressant, cela est dû à l’histoire sanglante du diamant avant d’arriver en possession de la Couronne. La famille royale britannique croyait qu’il porte malheur à tous les hommes qui le portent. C’est pourquoi il n’a été porté que par des femmes depuis son achat. La dernière place du Koh-I-Noor était dans la couronne de la reine Elizabeth (la reine mère) où il est resté. Il peut être admiré à la Maison des Joyaux de la Tour de Londres.

Le diamant, très probablement, est originaire d’Inde. Depuis que le pays a obtenu son indépendance du Royaume-Uni, les gouvernements de l’Inde, du Pakistan, de l’Iran et de l’Afghanistan ont demandé que le Koh-I-Noor leur soit restitué. Ces pays s’estiment propriétaires légitimes de la pierre. La Couronne a refusé toutes les demandes, déclarant que le diamant avait été acquis légalement. Ainsi, c’est la propriété légitime de la royauté britannique.

Le diamant d’Amsterdam

L’un des joyaux les plus rares au monde : le diamant d’Amsterdam, un diamant noir de 33,7 ct. Il a été découvert en Afrique du Sud dans les années 1970. Sa couleur, son poids et sa dureté étaient si rares et impressionnants qu’il s’agit peut-être du seul diamant de ce type jamais trouvé en Afrique du Sud. La pierre était initialement destinée à être réduite en poudre de diamant ou fragmentée en éclats plus petits.

Ses caractéristiques, toutefois, étaient si remarquables que les tailleurs de diamants d’Amsterdam – D. Drukker & Son – qui ont acheté la pierre en 1972, ont décidé de la tailler et de la polir comme une pierre précieuse. La ville d’Amsterdam célébrant alors son 700e anniversaire, la pierre fut baptisée « diamant d’Amsterdam » en son honneur. Il fut taillé en forme de poire. Contrairement aux autres diamants noirs, celui d’Amsterdam reste très opaque sous une lumière ce qui lui confère un éclat remarquable. Cela contribue encore plus à sa singularité. Depuis les années 70, le diamant est apparu dans de nombreuses expositions.

La taille Asscher

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un diamant en soi, la taille Asscher est l’une des formes de taille les plus classiques et les plus recherchées ; nous avons donc décidé de l’inclure parmi les gemmes célèbres d’Amsterdam. Il a été breveté pour la première fois en 1902 par Joseph Asscher d’Amsterdam. Aussi connue sous le nom de taille émeraude carrée, cette forme devint très prisée durant la période Art déco, la forme était très attrayante et correspondait au style. Le brevet ayant expiré durant la Seconde Guerre mondiale, la plupart des diamantaires tailleurs maîtrisent désormais la taille Asscher. De nos jours, cette taille jouit d’une popularité sans précédent et se retrouve dans le monde entier.

Le déclin d’Amsterdam dans le commerce du diamant

L’industrie du négoce de diamants a prospéré à Amsterdam pendant des siècles. Cela tenait en grande partie au statut de refuge qu’offrait la ville aux communautés juives, spécialisées dans le négoce diamantaire. Cependant, lorsque la Seconde Guerre mondiale a atteint les Pays-Bas, Amsterdam a cessé d’être un endroit sûr pour les Juifs.

L’impact de la Seconde Guerre mondiale, d’Amsterdam à Anvers

L’Allemagne nazie a introduit sa politique de ségrégation raciale aux Pays-Bas en 1940. Cela conduisit à la spoliation systématique des Juifs de tous leurs biens et finalement à leur déportation vers des camps de la mort. Sur les 140 000 Juifs hollandais vivant aux Pays-Bas, moins de 25 % ont survécu à l’occupation nazie. Les statistiques sinistres des taux de victimes de la Shoah montrent que ce chiffre est particulièrement élevé pour une ville d’Europe occidentale.

Le quartier diamantaire d’Amsterdam ne s’est jamais remis de cette perte. Au lendemain de la Shoah, les diamantaires juifs ayant survécu décidèrent de repartir à zéro à Anvers. Les principales raisons en étaient économiques. La ville d’Anvers a offert des incitations fiscales aux négociants en diamants, incitations cruciales pour des négociants contraints de rebâtir leur activité à partir de rien.

Les Pays-Bas ont peu fait pour protéger leur peuple juif de la déportation. Pendant ce temps, la population anversoise non juive protesta en grand nombre et résista aux mesures prises contre ses concitoyens juifs durant l’occupation. Bien que les pertes fussent considérables dans les deux pays, la disparité des taux de mortalité demeure significative.

L’héritage d’Amsterdam

En raison de sa riche histoire avec les diamants, la ville néerlandaise conserve quelques liens avec la tradition de la taille du diamant. La renommée des diamants tels que le Koh-I-Noor et le Cullinan résonne encore. Cependant, Amsterdam a perdu son statut de centre du négoce diamantaire et n’occupe plus de position significative dans l’industrie.

Les marchés internationaux du diamant aujourd’hui

Aujourd’hui, Anvers est la capitale mondiale du diamant. On estime que le mile carré de son « quartier diamantaire » abrite environ 1 600 négociants en diamants. Avec ses quatre bourses du diamant, Anvers contrôle 86 % du négoce mondial des diamants bruts et 50 % de celui des diamants taillés.

New York et Tel-Aviv se sont imposés comme des centres secondaires de négoce de diamants, en raison de l’installation de nombreuses familles juives du négoce diamantaire hors du Vieux Continent durant la Seconde Guerre mondiale.

Récemment, Mumbai et Hong Kong ont également atteint le niveau des marchés internationaux secondaires. Cependant, grâce à son savoir-faire diamantaire inégalé, Anvers demeure la destination privilégiée des acheteurs de diamants du monde entier.

Pour les passionnés de diamants

L’acquisition d’un diamant peut constituer une aventure en soi, pour peu que vous soyez disposé à voyager et à rechercher la pierre idéale. Si vous recherchez une expérience authentique, envisagez de visiter la capitale mondiale du diamant : Anvers. Chez Ajediam, notre équipe se fera un plaisir de vous accompagner dans la recherche du diamant idéal. Contactez l’équipe Ajediam dès maintenant.